Par Ablizangoh Wakatê/afriquematin.net
Depuis le lundi 12 octobre 2026, le Canton N’dranouan vit au rythme d’une vaste campagne de sensibilisation contre l’orpaillage illégal. À l’initiative du premier Vice-président du Syndicat des Agriculteurs miniers de Côte d’Ivoire (Synam-ci), Djê Amédée, cette tournée sillonne les villages du canton pour alerter les populations sur les dangers de l’exploitation anarchique de l’or et sur la nécessité de préserver les terres agricoles, patrimoine commun et garant de la survie des générations futures.
La première séance a rassemblé les populations de Amoinkanoukro, de Kouassikro, de Toumgbossou, de Kouabo et d’Akawa. Dès l’ouverture, un constat s’est imposé la mobilisation a été à la hauteur des enjeux. Chefs de village, notables, femmes, jeunes, agriculteurs et élèves ont répondu présents pour écouter, débattre et s’engager.
Dans son allocution, Monsieur Djê Amédée a rappelé avec fermeté que le Canton N’dranouan est une terre de production agricole. Nos plantations, nos champs et nos terres constituent un patrimoine pour nous-mêmes, mais aussi pour les générations futures. Il a insisté sur une idée maîtresse. « L’or que nous recherchons aujourd’hui ne doit pas nous faire perdre la terre dont nous aurons besoin demain. », a-t-il annoncé.
Poursuivant le conférencier a indiqué que « le Canton N’dranouan est, depuis toujours, une terre de production agricole. Nos plantations, nos champs et nos terres ne sont pas de simples parcelles », a-t-il soutenu ; ajoutant par ailleurs que « l’or est une richesse de notre sous-sol, son exploitation peut permettre à des familles d’améliorer leurs conditions de vie et contribuer au développement de nos villages. Mais cette activité doit être pratiquée avec responsabilité, prudence et dans le respect des règles établies par l’État », a-t-il conseillé.
Le Canton N’dranouan s’est construit autour de l’agriculture, ses sols fertiles, ses bas-fonds humides et ses forêts ont permis le développement de cultures vivrières notamment le riz, le manioc, la banane, le maïs, et évidemment l’igname Chaque famille y puise sa subsistance et ses revenus. Depuis plusieurs années, la recherche de l’or s’intensifie dans la région. Attirés par la promesse d’un gain rapide, des jeunes et des familles se tournent vers l’orpaillage, parfois au détriment des activités agricoles.
L’orpaillage offre parfois des revenus immédiats, mais il est rarement durable, une fois les gisements épuisés, les terres restent dégradées, les cours d’eau pollués, et les communautés se retrouvent sans ressources agricoles ni alternatives économiques.
Il a également rappelé aux populations que le Canton N’dranouan est une terre de production agricole, vu que les plantations, les champs et les terres constituent un patrimoine pour elles-mêmes, mais aussi pour les générations futures. « Nous devons donc éviter que la recherche de l’or détruise définitivement les terres qui nous permettent de produire notre nourriture et de faire vivre nos familles », leur a-t-il soumis.
A cet effet, a-t-il demandé aux orpailleurs de prendre toutes les précautions nécessaires et de préserver les ressources naturelles des villages. « Nous devons également protéger nos rivières, nos marigots, nos puits et nos autres sources d’eau, l’utilisation incontrôlée de certaines substances et les rejets issus des activités minières peuvent contaminer l’environnement et présenter des risques pour les populations », a-t-il insisté en présence de parents, de Chefs de villages et de responsables communautaires. Amédée Djê a saisi l’occasion pour lancer un appel à l’endroit de ses pairs afin de faire en sorte que « l’or qui se trouve dans notre sous-sol soit une chance pour le Canton N’dranouan et non une source de division ou de destruction », a-t-il .
Nous osons croire que ces messages, simples et percutants, ont trouvé un écho auprès des populations, conscientes des dégâts déjà visibles dans certaines localités. Aussi, la volonté des membres de cette faitière est de défendre leurs intérêts sur le territoire ivoirien et elle entend jouer pleinement son rôle d’information, de sensibilisation et d’accompagnement des acteurs, aux côtés des autorités compétentes. L’étape suivante a lieu ce Mercredi à Tiéplé, comme point focal, qui regroupe Koffikonankro, les trois villages de N’gblèzoué,et Mahounou. Le vendredi 16 ce sera au tour des populations de M’Brakro, les trois (3) villages de Assandrè et le dimanche 18, les habitants de Oko-Kan-Gare, Niamoutchèkro, Gloubouèkro et Pokoukro qui recevront les membres de la délégation.

