Par Yann Dominique N’guessan/afriquematin.net avec sercom
La Direction générale des Impôts (DGI) poursuit sa dynamique de transformation numérique. Du 02 au 04 novembre 2026, l’institution a ouvert, dans un établissement hôtelier de la capitale économique ivoirienne, un atelier consacré à l’élaboration des notes de cadrage de deux projets structurants : « Impôt foncier » et « Impôts divers».
« Harmoniser les initiatives de digitalisation, examiner la valeur ajoutée du projet REDIMA 30 et définir une architecture d’intégration des systèmes d’information en vue d’une meilleure maîtrise de l’assiette fiscale », tel est levier de cette assise présidée par le Directeur général adjoint des Impôts, Cissé Aboubakari représentant le Directeur général.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui fait de la mobilisation optimale des ressources intérieures un enjeu stratégique pour le financement du développement national. Dans un contexte marqué par la persistance de l’économie informelle, l’essor du commerce électronique et les insuffisances dans la fiabilité des données relatives aux contribuables, la modernisation des outils de gestion apparaît comme un levier essentiel pour améliorer les performances de l’administration fiscale.
En effet, malgré les avancées enregistrées dans la digitalisation des procédures fiscales, la multiplicité des projets et la diversité des approches méthodologiques ont parfois limité leur efficacité. L’insuffisance d’interconnexion entre les systèmes d’information des administrations ne permet pas encore de disposer d’une vision suffisamment exhaustive et actualisée du tissu économique national.
C’est précisément à cette problématique que les travaux de cet atelier entendent apporter des réponses. Il s’agit notamment d’identifier les complémentarités entre les différents dispositifs existants, parmi lesquels le Fichier national des commerçants et entreprenants (FNCE), le Système de gestion des collectivités territoriales (SYGIDAN), le Recensement électronique des parcelles et des activités commerciales (REPAE), le Comité d’optimisation du rendement de l’impôt foncier (CORIF), ainsi que la solution REDIMA 30 développée par MAFA Holding.
Le projet « Impôt foncier » occupe une place centrale dans cette réflexion, vu que la fiscalité foncière constitue en effet un levier majeur pour accroître les recettes fiscales, notamment dans un contexte d’urbanisation rapide et de développement du marché immobilier ivoirien. Pourtant, le potentiel de cet impôt reste sous-exploité, en raison de difficultés liées à l’identification des propriétaires, à l’évaluation des biens, à la mise à jour des données et à la faiblesse des taux de recouvrement.
Le second projet, intitulé « Impôts divers », concerne les taxes et impôts de moindre envergure mais nombreux, souvent mal identifiés et difficiles à recouvrer. Il s’agit notamment de taxes sur les spectacles, les débits de boissons, les enseignes publicitaires, ou encore certaines contributions locales. La multiplicité de ces impôts et la diversité des acteurs concernés rendent leur gestion complexe et peu efficace.
L’atelier, qui s’achève ce jour réunit les cadres techniques de la DGI, des représentants des directions centrales et régionales, ainsi que des experts en digitalisation et en gestion de projets. Son objectif principal est d’élaborer les notes de cadrage des projets « Impôt foncier » et « Impôts divers », documents stratégiques qui définiront les objectifs, le périmètre, les livrables, le calendrier de mise en œuvre et les moyens nécessaires à leur réalisation.
À travers ce séminaire, la Direction générale des Impôts réaffirme ainsi son engagement à poursuivre la transformation numérique de ses méthodes de travail. Une orientation qui devrait contribuer à une meilleure connaissance du potentiel fiscal national, à l’élargissement de l’assiette et à l’accroissement durable des recettes de l’État, au service du financement du développement économique et social de la Côte d’Ivoire.
A noter que cette session, qui s’inscrit dans le cadre du Programme de modernisation de l’administration fiscale, vise à doter la DGI d’outils digitaux performants pour élargir l’assiette fiscale et accroître les recettes de l’État.

