Libération provisoire refusée à Laurent Gbagbo: peut-on se fier à la déclaration du juge Cuno Tarfuser?

Par Excellence ZADI – Afrique Matin.Net 

DIDIGA (ART DE L’IMPENSABLE) À LA CPI , MON AVIS SUR LA DÉCLARATION DE CUNO TARFUSER.

Nous aimons les polémiques, souvent stériles, que de prendre du recul et de la hauteur, pour apprécier calmement les situations qui se présentent à nous afin de booster notre lutte (si tant est que nous luttons réellement) pour la libération du président Laurent Gbagbo. Il a suffît que nous soyons, (peut être les premiers mais pas les seuls) à mettre au jour sur la place publique quelques extraits de la longue déclaration-justification de M. Cuno Tarfuser, le juge président du tribunal de la Cour pénale internationale qui juge actuellement le président Laurent Gbagbo, pour que les polémiques de tous ordres enflent encore comme un panaris sur nos doigts déjà trop malades…

En effet, au point (9) du document original en anglais que nous avons reçu, le juge italien, dit en français simple, parlé dans les rues de Yopougon (Abidjan) que « si la liberté provisoire est refusée pour la 13e fois à Laurent Gbagbo, c’est parce que les Avocats de la défense n’ont pas su formuler leur demande, et ce depuis longtemps ». Pour faire simple et couper court, Cuno Tarfuser accuse Me Altit de ne « rien faire pour libérer son client Laurent Gbagbo… » Et comme nous aimons beaucoup voir la défense de Laurent Gbagbo être mêlée à la décision de la chambre de première instance de la CPI que dirige Cuno Tarfuser, il nous a donné du pain béni pour ruer dans les brancards (dans les côtes de Me Altit) souvent sans se poser la moindre question de savoir qui décide, à la CPI, de libérer Laurent Gbagbo entre les Avocats et les juges….

Comme nous aimons beaucoup les polémiques, je voudrais en rajouter en posant des questions à tous ceux qui s’appuient sur ce qu’a écrit CUNO TARFUSER pour encore ouvrir des fronts dans le front de bataille où nous sommes malmenés par ceux contre qui, nous disons lutter chaque jour. Hier, j’ai rapporté les faits tels que reçus sans faire de commentaires. Aujourd’hui,

Je voudrais demander à Cuno Tarfuser:

1) Sont-ce les Avocats qui décident de la mise ou non en liberté provisoire de quelqu’un qui est non seulement en détention préventive depuis 7 ans mais contre qui il y a un procès alors que vous les juges aviez dit que les preuves étaient insuffisantes et donc les chefs d’accusation sont excessifs et ne devraient pas nécessiter un procès?

2) Admettons que (comme c’est ce qu’il veut qu’on retienne), Me Altit et son équipe aient mal formulé, jusque là, la requête de demande de liberté provisoire, pourquoi lui (CUNO TARFUSER qui « aime désormais Gbagbo » puisqu’il dit que ce n’est pas normal qu’on lui prive de sa liberté, un droit fondamental, ne dit t-il pas ouvertement à la défense (qui ne sait peut-être pas le droit qui est dit à la CPI) pour l’aider à reformuler la dite requête?

3) Aussi, lorsqu’il dit que la liberté est un droit fondamental à préserver, pourquoi en tant que président du tribunal, n’arrive t il pas à convaincre ses pairs pour faire droit à la requête (parce qu’elle existe au moins cette requête de mise en liberté provisoire)? Ou bien, dans le droit qui est dit à la CPI, le président du tribunal qu’il est n’a pas voix prépondérante ? Si c’est le cas, pourquoi on lui fait présider alors ce tribunal ?

4) Pourquoi en juillet 2017, lorsque la chambre d’appel a demandé à la chambre de première instance qu’il préside de revoir sa position en analysant favorablement la demande des avocats, lui Cuno Tarfuser, n’a pas convaincu ses pairs pour faire libérer Laurent Gbagbo ? Est ce normal qu’un juge de la CPI évoque même la possibilité pour Laurent Gbagbo de fuir lorsqu’il sera libéré ?

5) Pourquoi sachant tout cela, ne programme t il pas la reprise du procès (la suite), de sorte qu’au cours de cette phase, réservée exclusivement à la défense, la parole soit donnée aux avocats pour interroger enfin leurs témoins, ce qui nous permettrait à tous de nous faire notre opinion sur la volonté réelle de la défense dans ce procès ?

6) Depuis le mois de février 2018, lui CUNO TARFUSER, avait demandé à la procureure BENSOUDA, dans un délai d’un mois, de faire la synthèse des témoignages de ses 82 témoins de sorte à permettre à la défense de préparer à son tour ses témoins. Nous sommes presqu’en mai. Où en sommes nous avec cette phase du procès ? Pourquoi ne nous présente t-il pas, le résultat de sa requête formulée à l’endroit de la procureure et c’est de liberté provisoire (d’ailleurs refusée par la CPI) qu’il nous parle ?

Pour moi ( et c’est mon avis, ma position que je défends sans faiblesse et calcul), il expose volontiers Me Altit à la vindicte populaire, au lynchage médiatique (comme certains sont en train de le faire actuellement), pour noyer le gros poisson… Je ne connais rien en droit encore moins en procédure pénale, surtout pour ce qui concerne la CPI, mais il me semble qu’en procédure pénale, les juges ne sont pas tenus par les arguments de la Défense. Ce que dit le juge Cuno Tarfuser n’est fait que pour justifier un déni de justice aux yeux de l’opinion publique ivoirienne et internationale…

En conclusion, je voudrais rappeler et même insister que Laurent Gbagbo est un otage de la communauté d’intérêts occidentaux appelée abusivement communauté internationale (je peux me tromper) pour qui nous devons nous battre contre cette communauté afin d’obtenir sa libération. Parce que à la CPI, il n’appartient pas à Me Altit de libérer Laurent Gbagbo mais à CUNO TARFUSER et ses collègues qui exécutent un agenda non caché de leurs mandants…Alors, comme nous n’aimons pas l’action contre nos ennemis mais chérissons l’action contre nos proches, partenaires et collaborateurs, arrêtons un peu de lyncher Me Altit et ses confrères de la défense afin de nous liguer tous contre la CPI, juges et procureure compris…

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