Par Yann Dominique N’guessan/afriquematin.net
L’affaire des retraités maintenus en poste à la Direction Générale des Impôts (DGI) a récemment fait l’objet de vives polémiques. Au cœur de cette controverse, les déclarations du Secrétaire Général de l’Alliance nouvelle des agents de la direction générale des Impôts (ANADGI), Dougrou Michaël ont suscité des réactions contrastées.
Depuis quelques jours, les abonnés des réseaux sociaux et téléspectateurs d’une chaîne de télévision-ont été servis par les sorties de ce fonctionnaire qui dénonce le manque de dialogue interne avec la Direction générale et surtout le maintien en poste de certains responsables admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Dans ses sorties il dénonce singulièrement la vacance de plus d’une soixantaine de postes non pourvus, la non promotion des Agents méritants dont Yao Boni, pour ses bons et loyaux services rendus à la DGI.
Selon des informations crédibles reçues auprès des autorités de l’administration fiscale, les allégations du Michaël Dougrou sont loin de refléter la réalité. S’agissant du maintien en poste de certains cadres supérieurs, il convient de préciser que cette disposition dérogatoire découle « du pouvoir discrétionnaire du Président de la République, Chef de l’exécutif », comme cela est expressément prévu par la Constitution de notre pays et par le Statut Général de la Fonction Publique.
Aussi, conformément à « la Constitution et au Statut Général de la Fonction Publique, le Président de la République dispose des prérogatives pour la prorogation ou le maintien en poste d’un fonctionnaire civil ou militaire qui en fait la demande ». C’est clair que le Directeur général des Impôts n’a ni compétence ni les prérogatives nécessaires pour maintenir en poste un fonctionnaire admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Le maintien du Directeur du Domaine, de la Conservation Foncière de l’Enregistrement et du Timbre est accordé par le Président de la République. C’est donc légal et conforme aux textes, comme a si bien reconnu le plaignant, lors de son passage sur les écrans de cette chaine de télévision. « Oui, c’est légal et conforme aux textes », a-t-il confessé. Sur des prétendus postes dont il fait cas, ses affirmations sont- sans fondement. « C’est vrai qu’il y existe des postes vacants actuellement à la DGI dus essentiellement aux nombreux départs à la retraite au 31 décembre 2025, mais ce chiffre qu’il donne ne reflète pas la réalité », souligne la source officielle.
Elle fait également savoir que ce sont au total quatorze (14) postes qui sont vacants, particulièrement celui d’un (1) Directeur régional, d’un (1) receveur principal, quatre (4) de receveurs, deux (2) de Fondés de pouvoirs. Ajoutés à ceux-ci trois (3) postes de conservateurs et trois (3) autres de Chefs de Centre des Impôts (CDI).
Concernant le cas Yao Boni, l’on doit se souvenir qu’il est l’ancien lauréat du Prix d’Excellence de 2010 et lauréat des lauréats de cette même édition, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis le 31 décembre 2025 dernier. Pour souvenir, il a été distingué au cours de la cérémonie du Prix d’Excellence de la DGI et décoré par le Président de la République au cours de la Journée Nationale de l’Excellence. Peut-on avoir meilleure reconnaissance, meilleure distinction que celle de la Nation à travers le Chef de l’Etat ?
Par ailleurs, sur la question du dialogue, nos sources affirment que le Directeur général a institué un cadre d’échange et de concertation avec tous les syndicats de la DGI. Ce forum a pour objet de débattre des problèmes d’ordre professionnel, social et maintenir un climat apaisé au sein de l’administration fiscale. Et dire que le dialogue avec la Direction générale est rompu est la preuve qu’il y a manifestement un décalage d’informations.
En ce qui concerne les réformes organisationnelles, structurelles, il faut se féliciter de cette politique dans laquelle s’est inscrite la Direction générale de Impôts avec à sa tête Ouattara Sié Abou. Et le processus de nomination des nouveaux responsables à ces postes est déjà engagé depuis longtemps selon nos sources. « Tous gagneraient à se former, à mieux se cultiver et surtout à se consacrer au travail », concluons-nous.

