Par Ablizangoh Wakatê/afriquematin.net
Depuis plusieurs années, Donald Trump et Benjamin Netanyahou partageaient plusieurs objectifs qui est de réduire les capacités militaires et nucléaires iraniennes, d’affaiblir les alliés régionaux de l’Iran, de renforcer la position stratégique d’Israël et de pousser Téhéran à accepter un accord plus favorable aux États-Unis et à Israël.
Cette guerre fait état de ce que certains analystes estiment même qu’une partie des responsables américains et israéliens espèrent qu’une forte pression militaire provoquerait des fractures internes dans le régime iranien. L’une des hypothèses avancées avant la guerre était qu’une série de frappes massives pourrait accélérer l’effondrement du pouvoir iranien. Or, malgré les dommages subis, le régime est resté en place. Plusieurs analyses indiquent même que la guerre a renforcé temporairement le réflexe d’unité nationale autour du pouvoir face à une menace extérieure.
Plusieurs mois de conflit, la forteresse de l’Ayatollah Komeni a continué à démontrer sa capacité à répondre par des missiles, à mobiliser ses alliés régionaux et à peser sur les équilibres du Moyen-Orient. Selon plusieurs sources récentes, Trump cherche désormais à stabiliser la région, à éviter une guerre interminable et à obtenir un accord diplomatique avec l’Iran. Le premier ministre israëlien, lui, considère que la menace iranienne reste insuffisamment traitée et apparaît plus favorable à une pression militaire prolongée.
Cette divergence est devenue visible lorsque le président américain a demandé à Israël de limiter certaines frappes ou de laisser une chance aux négociations. Des informations publiées ces dernières semaines montrent que Trump a parfois freiné des opérations israéliennes et a poursuivi des discussions avec l’Iran malgré les réticences de Jérusalem.
Des sources rapportent également que Nétanyahou aurait reconnu en privé avoir une influence limitée sur les décisions de l’homme de la Maison blanche concernant l’Iran. Dans cette lecture, Israël aurait pris des risques militaires importants pour découvrir ensuite que Washington privilégie désormais un compromis diplomatique.
Plusieurs critiques estiment que le président des Etats-Unis a été entraîné dans une confrontation plus large qu’il ne souhaitait initialement, soulignant que les frappes ont compliqué les négociations avec Téhéran et accru les risques régionaux. Pour ces observateurs, il aurait sous-estimé la capacité de résistance iranienne et surestimé les bénéfices politiques d’une démonstration de force.
Les événements des derniers jours montrent une situation paradoxale, vu que Israël et l’Iran ont repris des échanges directs de frappes, vu également que Trump appelle publiquement à un arrêt immédiat des hostilités. Mais à ce stade, les négociations restent ouvertes malgré les tensions.
Si l’on juge uniquement la capacité à infliger des dégâts militaires à l’Iran, ces deux responsables du chao iranien ( !) ont obtenu certains résultats. Mais si l’objectif était de faire tomber rapidement le régime iranien, de neutraliser définitivement l’influence de Téhéran ou de maintenir une parfaite convergence entre Washington et Jérusalem, les résultats sont beaucoup moins convaincants. Les développements récents suggèrent surtout que leurs intérêts commencent à diverger, ce qui explique les tensions croissantes entre les deux dirigeants.
A noter que ces deux dirigeants se rencontrent ce lundi pour planifier un accord de cessez-le-feu de soixante (60) jours dans la bande de Gaza et la libération d’otages détenus par le Hamas. Mais les divergences sont encore loin d’être aplanies.

