Face aux révélations et accusations Soro-Ouattara: faut-il s’attendre à un “Nuremberg” dans l’avenir?

Par Léon SAKI – Afrique Matin.Net 

Avant d’aborder ce sujet d’une extrême importance, un petit rappel historique s’impose. En effet, face à l’imminence de la défaite de l’Allemagne Hitlérienne, les Alliés notamment les Etats-Unis, l’URSS et la Grand-Bretagne prirent la décision, dès 1942, d’organiser un grand tribunal international pour juger les  Nazis. Ce tribunal intitulé Tribunal militaire international (TMI) s’ouvrit officiellement à Nuremberg, en Allemagne, le 20 novembre 1945, six mois et demi seulement après la capitulation de l’Allemagne.

Durant le procès, le procureur américain Robert Jackson décida de plaider l’affaire en se basant essentiellement sur les masses de documents écrits par les nazis eux-mêmes plutôt que sur les témoignages oculaires de sorte qu’on ne puisse reprocher au tribunal de se fonder sur des déclarations biaisées ou dénaturées.

L’allure de la crise entre Guillaume Soro et son ex-allié Alassane Ouattara qui donne lieu à une bataille de preuves et d’accusation de part et d’autre n’évoque-t-elle pas la possibilité de voir organiser en Côte d’Ivoire, un grand tribunal, comme Nuremberg, pour faire la lumière sur les événements allant de 1999 à 2010?

Tout porte à le croire suite à la gravité des événements qui ont secoué la Côte d’Ivoire durant cette période. En effet, après le Coup d’Etat Militaire de 1999 qui s’est déroulé sans effusion de sang, la suite de l’histoire du pays a été marquée par une successions d’événements lourds en conséquences. La tentative du président Robert Guéi de se maintenir au pouvoir après sa défaite à l’élection présidentielle de 2000 a occasionné de nombreuses pertes en vies humaines.

Il y a eu par la suite, le coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 durant lequel de hautes personnalités militaires et politiques ont été assassinés, des populations civiles décimées dont les danseuses Adjanou. Au nord comme au sud, les responsabilités sont partagées et ont certainement besoin d’être élucidées par le tribunal de l’histoire. La toute dernière crise a été celle liée à l’élection présidentielle de 2010 où les chiffres officiels de la communauté internationale annoncent 3 000 morts.

Qui sont les commanditaires de toutes ces crises qui ont été à l’origine de la défiguration de l’unité nationale, de la mort de milliers d’Ivoiriens et de personnes vivant en Côte d’Ivoire? La durée et la gravité des faits consécutifs à ces événements nécessitent un grand tribunal national pour situer les responsabilités en se basant, comme le procureur américain, essentiellement sur des preuves émanant des différents acteurs et protagonistes «de sorte qu’on ne puisse reprocher au tribunal de se fonder sur des déclarations biaisées ou dénaturées».

Dans cette perspective, nous assistons à la bataille à distance de deux clans qui se rejettent les responsabilités. Pour le clan Ouattara, Guillaume Soro est un déstabilisateur qui projetait d’attenter à la sûreté de l’Etat. Des enregistrements audio sont disponibles pour le prouver, indiqueront les accusateurs.  Le natif de Ferké est également pointé du doigt pour détournement et blanchiment d’argent.

L’accusé, ancien chef de la rébellion n’a pas attendu longtemps pour donner la réplique à ses détracteurs, en déclarant ceci, par la voix de son lieutenant Affoussiata Bamba: “…En ce qui concerne, l’accusation fallacieuse de déstabilisation qui reposerait sur un enregistrement audio, Monsieur Guillaume Kigbafori Soro tient à rassurer les Ivoiriens qu’il reconnait une seule déstabilisation, celle du 19 Septembre 2002 pour le compte de l’actuel président de la république, Monsieur Allassane Dramane Ouattara”. Et de poursuivre sur sa radio (Radio GSK):«Paraît il qu’ils ont des audio de déstabilisation prévu pour le 27 décembre ? Dîtes leurs qu’on a des audio d’avant 2002 et d’après 2002; des mails d’avant 2002 et d’après 2002; des audio depuis le début de 2010 et des mails depuis le début 2010; des signatures sur des documents; des engagements, des mots d’ordre; des missions commandos; des écrits, des noms et des listes…».

Les langues se délient et les coups deviennent, au fil des jours, plus percutants entre les deux amis d’hier, le père et le fils. Les Ivoiriens, quant à eux, attendent de tout savoir sur ces choses.

Dans cette opposition qui risque de se terminer au tribunal, un troisième acteur, en occurrence, Laurent Gbagbo, sera certainement de la partie mais surtout comme arbitre ou juge. Parce que, accusé qu’il était, il a été reconnu non-coupable de toutes les charges portées contre lui.

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