ads bas

Dégradation du réseau routier national/Pourquoi les premiers bitumes du pays résistent plus que les récents ?

ads bas

Enquête réalisée par Haidmond Kaunan /afriquematin.net

Le réseau routier ivoirien se trouve dans un état de dégradation très avancé. Mais ce qui suscite la curiosité de l’observateur, c’est que les ouvrages les plus récents se dégradent plus vite que les voies qui ont été bitumées pendant la période coloniale et au lendemain de l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance. Que serait-il à l’origine de ce paradoxe ?

Plus de soixante pour cent (60%) du réseau routier ivoirien goudronné au lendemain  de l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté nationale ne se porte plus bien. Depuis environ trois décennies, l’Etat procède à leur renouvellement progressif. Voire l’ouverture de nouvelles voies. Telle que la voie dénommée la Côtière qui relie la ville de Grand-Lahou à celle de Tabou par Fresco et San Pedro, dont le  prolongement à Dabou permet d’atteindre la capitale économique, Abidjan.

La côtière, réalisée dans les années 1990 et mise en service officiellement en 1994 a été dégradée et reprise trois fois. On n’y trouve même plus 50 km de voie bitumée sur les 250 km qui constitue la distance San Pedro-Grand-Lahou. L’autoroute du Nord, ce n’est un secret pour personne, en dépit des nombreuses réfections, réhabilitations et renouvellement intégrales du goudron, cette voie qui relie Abidjan à la capitale politique, Yamoussoukro n’est pas exempte d’anomalie. Encore moins de critique acerbe contre les bénéficiaires des marchés. Mais d’où vient que  ces nouveaux goudrons se dégradent si facilement ?

Des indiscrétions dans le milieu des décideurs révèlent que « le sommet de l’Etat ignore que l’entrepreneur qui bénéficie de ce marché est plus que stressé. En ce sens que plusieurs intermédiaires le rackettent. Au moins quarante pour cent (40%) de son devis restent aux mains des collaborateurs du ministre, de la primature ou de la présidence de la République. En clair ce sont seulement environ soixante pour cent (60%) des moyens à dégager qui permettent à l’entrepreneur de travailler ». Mais comment peut-il réussir à réaliser une œuvre parfaite quelles que soient sa bonne volonté et sa bonne foi ?Dégradation  du réseau routier national  « Autrefois lorsqu’un opérateur économique déposait un devis, les experts de l’Etat faisaient également un devis comparatif pour mesurer les moyens qu’il nécessitent pour travailler. Malheureusement le constat qui est triste est que chacun exige sa part dans ce budget. Si bien que l’entreprise  utilise cinq (5) sacs de ciments à la place de 20 .Sinon le bitume et tous les constituants pour réussir un travail de pont et chaussée n’ont pas changé, ils ont toujours les mêmes qualités »,  explicite un autre interlocuteur anonyme. Une autre indiscrétion révèle que dans l’entourage du premier ministre ou du ministre il y a   même des collaborateurs qui ont des entreprises qui disent savoir tout faire, or ce sont des entreprises prête-noms. Ils mettent la main sur des marchés et se servent avant de le confier à des entreprises qui travaillent avec la méthode sous-traitance. Conséquences, le devis s’évapore et il faut bien s’attendre à un mauvais résultat. Voilà qui est clair. Lorsque l’on compare les travaux réalisés de nos jours avec le perfectionnement des appareils par l’évolution scientifique et technique contre ceux d’hier, on fait le constat paradoxal que les  travaux réalisés autrefois par des défuntes sociétés comme Vianini, Dumez, Colas, Sonitra, il y a le jour et la nuit. Face à cette désolation nationale, vus ces mauvais résultats  l’actuel ministre en charge des ponts et chaussées a décidé d’ouvrir une enquête pour voir clair mais surtout pour sanctionner les bénéficiaires des marchés pour résultats fragiles. Il n’est pas exagéré, pour notre  part,de dire au ministre que ceux qui sabotent le travail sont autour de lui et dans  sa propre poche.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.