Par Franck Elisé Bouabré, correspondant Afriquematin.net
Le Salon national de l’enseignement technique s’est tenu le vendredi 23 octobre 2026 au stade régional de Daloa. À cette occasion, le ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, et le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot, ont appelé les parents et les jeunes à accorder davantage d’attention aux formations techniques et professionnelles.
La rencontre a réuni des responsables d’établissements techniques et professionnels, des élèves, des parents, des formateurs ainsi que des autorités administratives et politiques. Les échanges ont notamment porté sur les débouchés professionnels, l’orientation des jeunes et l’adéquation entre les formations proposées et les besoins du marché du travail.
Lors de son intervention, Mamadou Touré a estimé que l’enseignement technique et professionnel reste confronté à des préjugés qui conduisent certaines familles à privilégier l’enseignement général et les études universitaires. Le ministre a appelé à faire évoluer ces perceptions, en mettant l’accent sur les possibilités d’insertion offertes par certaines formations techniques. Il a notamment évoqué les besoins des entreprises en main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs secteurs de l’économie.
Mamadou Touré a également mis en garde contre certaines orientations scolaires qui peuvent conduire les jeunes vers des filières offrant, selon lui, des débouchés limités. Il a encouragé les apprenants à prendre en compte les besoins du marché du travail dans leurs choix de formation.
S’adressant aux jeunes, il a notamment déclaré : « Soyez décomplexés », les invitant à ne pas considérer certains métiers techniques comme moins valorisants en raison de leur image sociale. Pour illustrer son propos, le ministre a cité des métiers tels que la conduite d’engins de pose du bitume et la plomberie professionnelle, dont les niveaux de rémunération peuvent varier selon les qualifications et l’expérience.
Il a par ailleurs établi un lien entre le développement des compétences techniques et les besoins liés aux grands projets d’infrastructures ainsi qu’à la transformation locale des produits agricoles. Selon lui, le renforcement des qualifications disponibles au niveau national constitue un enjeu pour le développement des activités industrielles et la compétitivité des entreprises.
Mamadou Touré a également annoncé, en concertation avec Jean-Louis Moulot, la mise en place de guichets emploi au sein des lycées techniques et professionnels. Ces dispositifs devraient notamment faciliter l’accès des apprenants aux stages de qualification et renforcer les relations entre les établissements de formation et les entreprises. Le ministre a encouragé les jeunes à rechercher des stages dès leur première année de formation. Selon lui, ces expériences doivent permettre aux apprenants de compléter leur formation théorique par une pratique en entreprise et de mieux connaître les exigences du monde professionnel.
Cette orientation vise à renforcer les liens entre les parcours de formation et les besoins des employeurs, notamment à travers l’acquisition d’une première expérience professionnelle.
De son côté, Jean-Louis Moulot a insisté sur la nécessité d’adapter les formations techniques et professionnelles aux besoins des différents secteurs d’activité. Le ministre délégué a cité plusieurs domaines, notamment la soudure industrielle, la bijouterie professionnelle, la mécanique, la plomberie, le numérique, l’intelligence artificielle et la transformation des produits agricoles.
Selon Jean-Louis Moulot, le développement de compétences dans ces secteurs doit permettre de mieux répondre aux besoins des entreprises et de renforcer les compétences disponibles au niveau national. Il a également évoqué le recours à des compétences étrangères dans certains domaines, estimant que cette situation souligne la nécessité de développer davantage les formations qualifiantes répondant aux besoins du secteur productif.
Le ministre délégué a enfin invité les parents à tenir compte des aptitudes et des aspirations de leurs enfants, ainsi que des débouchés associés aux différentes filières, lors des choix d’orientation.
Les interventions des deux membres du gouvernement ont ainsi porté principalement sur l’orientation des jeunes, la perception des métiers techniques et le rapprochement entre les établissements de formation et les entreprises. À travers les annonces faites à Daloa, les autorités entendent notamment renforcer l’accès aux stages et améliorer l’adéquation entre les compétences acquises en formation et les besoins exprimés par les entreprises.
Le Salon national de l’enseignement technique a ainsi constitué un cadre de présentation des formations techniques et professionnelles et des perspectives d’insertion associées à certains métiers.

