Cacao-culture/Les Producteurs s’insurgent contre les pratiques du Conseil Café-Cacao

Enquête réalisée par Haidmond Kaunan/afriquematin.net, envoyé spécial

Des légumineuses, des bois d’ombrage dans les plantations de cacao, l’agroforesterie, le cacao Mercedes, distribution de nouvelles pépinières et cabosses sélectionnées… Voici entre autres projets  que le Conseil  du Café et Cacao(CCC) avait lancés et encouragés dans le but de régénérer les vergers mais surtout de permettre l’augmentation de la production cacaoyère en Côte d’Ivoire.

Pratique agricole bien suivie et bien assimilées par les producteurs qui avaient les moyens financiers comme ceux de la région de l’Indénié-Djuablin qui disposent de vastes plantations, puisque les légumineuses et les bois d’ombrages et autres sont chers payés. Soudain, plus de distribution ni de phytosanitaires, d’engrais ni de nouvelles cabosses… Le CCC annonce une surproduction cacaoyère chaque année, sous prétexte qu’elle provienne des forêts classées.

 La surproduction de plus de deux (2) millions de tonnes de cacao  annoncée depuis la campagne 2015-2016 à ce jour n’a pas pu atteindre ce quota de tonnes.

 Cependant depuis la campagne 2015-2016 à ce jour la surproduction de plus de  deux (2) millions de tonnes est annoncée. Mais, la production cacaoyère de la Côte d’Ivoire n’a pas pu atteindre ce quota  de tonnes. Et l’ensemble des producteurs de la région de l’Est du pays ont compris que l’Etat de Côte d’Ivoire est pour la baisse de la production nationale en vue d’avoir une augmentation des cours mondiaux. Quand bien même, ils sont partagés sur le souhait de voir la subvention des intrants ou l’augmentation du prix pour s’acheter des intrants ils clament à l’unisson que personne ne peut empêcher l’augmentation de la production cacaoyère ivoirienne.

« Nous réalisons que l’Etat de Côte d’Ivoire ne peut élever la voix pour demander aux producteurs de ne plus entretenir leurs plantations dans le seul but de voir baisser leur production. C’est clair ! On n’a pas abandonné le projet de régénération des plantations ravagées par la maladie du Swollen Shoot pour quelqu’un qui dispose d’une vingtaine d’hectares de cacao. On ne lui remet qu’une boîte de phytosanitaire », a déploré Ahmed Bado, producteur et responsable de la société coopérative sis à Aniansué, dans le département d’Abengourou. Et d’ajouter « on nous demande de ne plus produire plus de 400 kg à l’hectare. Or ce n’est pas à eux de demander aux producteurs de baisser leur production sachant que le cacaoyer  qui est un arbre qui n’étant pas éternelle va forcément baisser de production avec le vieillissement du verger. Nous, nous sommes pour l’augmentation du prix du kilogramme du cacao, car si  le prix est bon on ne peut empêcher personne de traiter son champ ».

Yao Nestor, Pca d’une société coopérative d’Abengourou n’est pas, quant à lui pour l’augmentation du prix du cacao, mais pour la subvention des intrants qui pourrait permettre l’augmentation de la production. « Si le cacao se vend à 1000 francs CFA/kg on nous fera acheter un kilogramme de riz également à 1000 francs CFA. Le coût de la vie connaîtra une hausse vertigineuse. Nous souhaitons plutôt que les intrants soient subventionnés par l’Etat, c’est la seule condition pour qu’il y ait une augmentation de la production », suggère-t-il. Poursuivant, il a mentionné que « c’est un mauvais  rêve de demander aux producteurs ivoiriens de baisser la production cacaoyère dans le seul but d’accroître le cours mondial du cacao. Même s’il coûte 3000 francs CFA/kg à l’international cela ne fera jamais notre affaire mais ils vont mieux se servir. Raison pour laquelle, nous voulons discuter avec les chocolatiers eux-mêmes. En Côte d’Ivoire, qui pourra officiellement diminuer la production cacaoyère? » .

Pour Sévérin Ngoran, Pca d’une organisation à Niablé dans le département d’Abengourou, c’est l’augmentation du prix bord-champ cacao qui est la seule arme pour combattre la volonté du conseil du café et du cacao de faire baisser le poids national. « Le producteur est libre d’acheter son engrais, ses produits phytosanitaires si son produit est bien acheté personne ne peut l’empêcher  de se ravitailler en produit d’entretien. Sa production ne peut que s’augmenter s’il songe à traiter son champ », a-t-il fait remarquer avant de souligner que « le conseil du café et du cacao veut toucher un sujet qu’il ne pourra pas maîtriser ».

 Ben Idriss et Camille Abou, tous deux Pca de Manzanouan département d’Agnibilékrou et Yérè-Yérè dans le département d’Abengourou abordent dans le même sens. Pour ces derniers, le  CCC est pour une politique de l’utilisation de l’engrais bio pour éviter de détruire la nature. « Ne plus conseiller l’engrais chimique est donc à saluer si le seul but du conseil n’est pas pour la baisse de la production nationale. Parce que,  demander aux producteurs de baisser la production comme ils ont commencé à le murmurer est une provocation dont les conséquences ne sont pas faciles à circonscrire sachant que nous les producteurs resterons toujours perdants dans cette politique », ont-il martelé.

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