Burkina/Kémi Séba condamné à deux (2) mois de prison…

« Je ne regrette absolument rien de ce que j’ai dit. J’assume chaque mot, chaque lettre. Quand nos présidents continueront à recevoir des ordres des forces néocoloniales françaises, il y aura une jeunesse française qui prendra ses responsabilités peu importe le prix à payer », a déclaré à sa sortie d’audience, Kémi Séba, à l’état civil, Stellio Gilles Robert Capo Chichi.

Ovationné par ses militants, la plupart des étudiants, celui qui a été condamné à deux mois et une amende de 200 000 F CFA, le tout assorti du sursis, pour « outrage au chef de l’Etat Roch Kaboré et d’autres chefs d’Etat étrangers », s’est voulu on ne peut plus clair : « Personne sur cette terre ne pourra nous empêcher de dire ce que nous pensons. Et il faut qu’ils comprennent que la prison, c’est la 4ème  fois qu’on m’y envoie et à chaque fois j’en ressors plus fort. Même si on me tue, la jeunesse africaine est bien plus déterminée qu’on ne peut l’imaginer ».

Pour son conseil, Me Prosper Farama, « ce qui choque le plus, au-delà de la peine prononcée, c’est le principe de la tenue même de ce procès. Nous sommes écœurés de voir que dans le contexte national, de ce que le président Macron a pu dire aux présidents africains, on puisse en arriver à un procès comme celui-là. Je n’imagine pas qu’un citoyen français eût été poursuivi en France parce qu’il aurait traité le président Macron de petit président. C’est écœurant qu’en Afrique on continue de vouloir noyer le fond par la forme ».

Toujours selon l’avocat de Kémi Séba, le Burkina Faso a reculé de plusieurs années en ce qui concerne la promotion des espaces de libertés. « En démocratie, une critique qui ne choque pas n’en est pas une », a-t-il martelé avant de s’interroger sur l’issue de la future rencontre de Pau prévue pour janvier 2020. « Est-ce que nos présidents, quand ils iront à Pau dans quelques jours, auront suffisamment le courage de dire au président Macron ce que la jeunesse africaine pense et ce qu’elle veut de la relation entre la France et l’Afrique. J’ai l’impression que par ce procès on a déjà un début de réponse. C’est non. ».

Pour l’instant, Kémi Séba n’a pas encore décidé avec son avocat de faire appel de la décision du juge. Mais Me Farama a confié à la presse que son client bien avant l’audience lui avait dit qu’il était prêt à assumer, quel que soit le verdict.

Source : lefaso.net

Click to Hide Advanced Floating Content
AFRIQUEMATIN TV

Facebook