Anzoumana Moutayé, président du Mfa/Nos dissidents nous combattent par excès de zèle

Interview réalisée par  Brou François et  Haidmond Kaunan/afriquematin.net  

 

 A l’issu du point de presse qu’il avait animé le mercredi 25 avril 2018 dernier au siège de son parti, le Mfa à Abidjan-Angré-Mahou, nous avons rencontré le président Azoumana Moutayé pour en savoir davantage sur les origines de la crise qui oppose son camp à la dissidence conduite par Siaka Ouattara

Monsieur le Président, êtes- vous informé  de l’existence d’un  courant Mfa avec à sa tête un autre leader?

Effectivement depuis le 26 août 2017, un groupuscule de militants  avaient tenu un bureau politique, en violation des textes qui régissent le parti. Au sortir de cette randonnée  mon ex-vice-président Siaka Ouattara aurait été conduit président intérimaire. C’est une grave violation des textes parce qu’un bureau politique se convoque par le président du parti  et quinze(15) jours avant, ou à la demande des deux tiers (2/3) des membres statutaires. Un bureau politique ne peut  destituer un président de parti élu  à l’issu d’un congrès. Encore moins suspendre un militant. Le président du parti ou un militant, avant d’être suspendu devrait être entendu à charge et à décharge. Nous  précisons même que ce bureau politique a été fabriqué par des listes fictives en vue d’atteindre le quorum. Il y a eu des doubles et mêmes triples signatures. Ils ont même ajouté des gens inconnus à la liste. C’est du faux et usage de faux. Nous avons saisi les tribunaux et notre conseil pour défendre droits. Nous n’avons pas voulu laisser perdurer le désordre qui pourrait aboutir à une instabilité et créer un incivisme dans le parti. Si Siaka Ouattara et ses inconditionnels entendent être présidents qu’ils attendent au congrès, par la voie normale.

Au juste quelle serait-il à l’origine de la crise et comment en êtes-vous arrivés là ?

Il y a des raisons profondes et fondamentales. Lorsque nous étions aux affaires nous avions fait la promotion d’un certain nombre de cadres du parti. Après notre départ de ce département  une cinquantaine de cadres  dont  la majorité, ceux du Mfa avaient été remerciés, parce qu’il  y avait eu  fusion de deux départements ministériels .J’avais présenté la situation au Vice-Président de la République qui m’avait demandé de lui présenter un mémo dans le but de trouver une solution. Ce que nous avons fait. Même le Premier ministre aussi en avait pris l’engagement mais rien n’y fit. On m’accuse de n’avoir pas signé des décrets pour leur maintien. On m’accuse de n’avoir pas sauvé leur emploi. Ils ne savent pas que je ne les paye pas de ma poche. Malheureusement, ils ignorent comment les choses fonctionnent. Les décrets obéissent à un circuit. Les procédures ont changé et j’ai le devoir de respecter les lois de la République. J’ai à mon actif plus d’une trentaine d’années de carrière et j’ai occupé des postes importants, allant de directeurs centraux, au directeur de cabinet. J’ai  été député et même ministre de la République. Donc je connais l’administration. Elle est basée sur deux principes que je dois respecter. Des gens veulent commander par voie de fait ou utiliser des situations peu recommandables. C’est par ignorance et par propagande que des ignorants les suivent. Même la justice est outrancée

Vous parliez de loi, donc  de tribunal, or vos dissidents fonctionnent et   mènent des activités ! Alors comment expliquez-vous cet état de fait ?

Je les ai traduits devant les tribunaux. Au début nous n’avons pas déposé l’intégralité des documents. Ce que nous allons faire maintenant pour attendre ensuite le verdict, car nous  faisons preuve de sagesse.

Monsieur, le Président, confirmez-vous que ce sont des mains obscures et occultes qui tirent les ficelles?

C’est de la propagande colorée d’un excès de zèle, car ils  veulent s’attirer des sympathisants en faisant croire que ce sont des autorités qui parrainent cette minorité de dissidence. Les autorités de ce pays ont trop à faire pour parrainer du faux.

La mayonnaise a certainement pris puisqu’ils ont réussi à vous diviser et ont des suiveurs.

C’est un groupuscule qui s’est manifesté, heureusement  la base ne les a pas suivis. Après la convention de Yamoussoukro pour donner quitus au Président Moutayé nous avons accueilli 2500 conventionnistes contre 2000 attendus. Nous avons mesuré notre côte de popularité. Ils étaient venus de toutes les contrées du pays, notamment de   Korhogo, de San Pedro et toutes les délégations régionales. Cela nous a rassurés et nous a mis en confiance. Nous avons réalisé que la base est avec nous. C’est le dynamisme du président Moutayé. Par notre action  nous avons eu un poste de ministre, nous avons actuellement un poste d’ambassadeur, nous avons deux cadres dans des conseils d’administrations et plus d’une soixantaine de cadres qui ont un emploi. Ce sont des imposteurs, des militants qui n’ont pas de base et qui font des bruits sourds. Ils ont fait  un congrès mais ils n’ont  toujours pas de militants.

Et pourquoi permettez-vous que les symboles du Mfa soient utilisés par ceux que vous considérez comme minoritaires?

Chaque chose vient avec son temps. La justice n’a pas encore tranché. La Côte d’Ivoire a opté pour une double juridiction. L’appel que nous nous avons demandé est suspensif. Un plumitif n’est pas une décision de justice. La décision est suspendue. Nous sommes donc à la case départ et donc le président du Mfa est bien Azoumana Moutayé.

 

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